100 nouvelles idées de business pour s’enrichir (3e partie)

Publié le par lereyseau

Business vert : une vague écolo qui peut rapporter gros, même aux profanes

Bâtiments mieux isolés, transports plus propres, produits moins polluants… D’ici 2020, des dizaines de secteurs vont appliquer les réglementations décidées au Grenelle de l’environnement. «Autant d’occasions de créer sa société, assure Elisabeth Laville, directrice du cabinet de conseil en développement durable Utopies. Il reste tellement à faire qu’il y a de la place à côté des grands groupes qui s’engouffrent déjà dans la brèche du green business.»

Appliquer des technologies sobres aux métiers très gourmands en ressources

Longtemps, le seul liquide à intéresser David Allouch fut celui qu’il gagnait en salle de marché, à Londres. Jusqu’à la faillite de son employeur, Lehman Brothers, en septembre 2008. Moins jeune loup mais toujours entreprenant, cet HEC crée Nestor Wash l’année suivante, à 36 ans. Son concept : le nettoyage de voitures sans détergent et avec seulement 1 litre d’eau.

«Je manquais de connaissances mais j’avais une idée : appliquer les techniques de désinfection à la vapeur sèche introduites par mon père dans les hôpitaux», explique-t-il. Pour mettre au point la méthode, il embauche un pharmacien, un ingénieur et un laveur. Mais aucun investisseur n’y croit et les portes se ferment les unes après les autres… jusqu’à ce qu’il rencontre le réseau Développement durable Ile-de-France (DDIDF), qui prend le risque de le financer. A raison : après 350.000 euros de chiffre d’affaires en 2010, il vise le million l’an prochain.

Notre conseil : même si vous êtes en province, vous pouvez trouver des fonds en contactant Stéphanie Savel, la présidente du DDIDF, un business angel spécialisé dans le développement durable (bureau@ddidf.org ou 06.88.63.73.27).

Profiter du filon de l’éco-construction créé par le Grenelle de l’environnement

En 2020, les bâtiments devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Bonne nouvelle pour Jean-Philippe Cieslak, le fondateur de Terra Cités, qui s’est lancé dès 2005 dans la construction et la rénovation écolos. Prof de biologie devenu promoteur, cet Alsacien de 36 ans installé en Bourgogne a dévoré des bouquins spécialisés et enchaîné les cours du soir.

«Pour rassurer mes interlocuteurs, je me suis inscrit, via l’Ademe, à une formation en assistance et maîtrise d’ouvrage», précise-t-il. Pas suffisant pour convaincre les banques, alors qu’il n’avait que 40 000 euros en poche, jusqu’à ce que la caution de l’Ecoterritoire du Creusot permette de débloquer des fonds. Ses maisons en bois valent de l’or : 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2010 et 20 millions d’euros de commandes pour les deux ans à venir !

Notre conseil : le réseau des Ecoterritoires (des collectivités qui aident à l’implantation d’entreprises «vertes») vous guidera vers les experts de votre région et vous aidera gratuitement à démarcher les investisseurs (www.ecoterritoires.org ou 01.44.10.41.20).

Imaginer des astuces pour les automobilistes qui veulent réduire leur budget

Le principe de Covoiturage.fr est vieux comme l’entraide : on voyage à plusieurs passagers par véhicule et on partage les frais. Frédéric Mazzella, 34 ans, a créé le site en 2006, constatant que ce secteur était en friche en France : «J’ai découvert cette pratique lors de mes études en Californie, raconte ce physicien sorti de Normale. Au retour, j’ai compris qu’il y avait une place à prendre.»

Aujourd’hui, son site compte 1 million de membres pouvant se mettre gratuitement en relation. Entre quelques services payants et la publicité que son audience va attirer, il devrait atteindre 1 million d’euros de chiffre d’affaires cette année. Soutenu par Isai, le fonds de Pierre Kosciusko-Morizet (1,25 million d’euros de mise), Frédéric Mazzella résiste à ses nombreux concurrents en continuant à pratiquer lui-même le covoiturage, pour s’inspirer des conseils de ses compagnons de route.

Notre conseil : covoiturage, autopartage ou location de sa voiture perso sur Zilok, le créneau des services est embouteillé. Visez plutôt celui des produits, facilitant par exemple le stationnement. La société SmartGrains a ainsi installé des capteurs sur les parkings, pour repérer les places libres et vous prévenir sur votre mobile.

Exploiter la flopée de nouvelles réglementations qui pèsent sur les entreprises

Une vraie mine pour anciens ingénieurs spécialisés. Comme Jérôme Soistier, un ancien de Poweo, cofondateur de Greenflex, ou Eric Allmang, à la tête d’Incub’Ethic, ancien DG de Veolia Nettoyages. Mais on peut se lancer sans un tel CV. Prenez Samuel Blaise, qui a créé en 2007 In Vivo Facilities, une société qui met les services généraux des entreprises, du nettoyage des moquettes à la maintenance des scanners, à l’heure écolo.

Après treize ans d’expérience dans le secteur, il connaissait le métier comme sa poche, mais pas dans sa dimension «développement durable». «J’ai commencé par rencontrer des experts tout en avalant des tonnes de pages de décrets», confie-t-il. Parallèlement, il envoie en cours ses 24 salariés afin qu’ils maîtrisent la réglementation thermique 2012 et les impacts du Grenelle sur la construction. Il a même incité le CFA de Guyancourt (Yvelines) à créer un master en management durable de l’immobilier, auquel il a inscrit deux

de ses collaborateurs. Soit un budget formation de 4.000 euros par an et par salarié, pour un chiffre d’affaires de 780.000 euros en 2010.

Notre conseil : pour acquérir les compétences qui vous manquent, rapprochez-vous des centres de formation-professionnelle type Cegos ou Comundi. Contactez aussi les cabinets spécialisés dans le conseil financier et la stratégie en développement durable comme h3p ou Utopies.

Anticiper sur la prochaine interdiction de certains produits polluants

Les ampoules à incandescence seront interdites en Europe l’an prochain. De quoi réjouir Ludovic Labidurie, qui s’est lancé dans le commerce de systèmes d’éclairage à diodes (LED) dès 2007. «Après quinze ans dans l’industrie high-tech, je me suis jeté à l’eau quand j’ai découvert, lors de mes voyages, que les fabricants faisaient un carton en Asie», raconte le fondateur de Neolux.

A l’époque, le grand public ne se sentant pas encore concerné, il cible les magasins en leur proposant des modules de couleur destinés à la fabrication d’enseignes et à l’éclairage des vitrines. Bien vu : les clients affluent, de Nivea à Chopard. Persuadé que sa réussite repose sur l’efficacité des systèmes LED, il ne lésine pas sur les moyens en créant un bureau d’études composé de cinq ingénieurs et d’un docteur en sciences (soit un budget annuel de 250 000 euros).

Où trouve-t-il les fonds ? D’abord auprès d’Oséo (120.000 euros de subventions), puis de StarQuest ¬Capital, grâce auquel il vient de lever 500.000 euros. Neolux prévoit de doubler son chiffre d’affaires de 2,1 millions d’euros dès 2012.

Notre conseil : pour découvrir les produits qui existent en France et à l’étranger, inscrivez-vous sur le site de GreenUnivers (offre PME : 69 euros par mois). Puis, comme Ludovic Labidurie, surfez sur le forum européen de la start-up Innovact pour nouer contact avec des sociétés de capital-risque.

Aider les particuliers à faire des économies d’énergie grâce aux panneaux solaires

Depuis janvier, une nouvelle règle oblige les propriétaires à intégrer sur leur annonce immobilière une «étiquette carbone» indiquant la performance énergétique de leur bien. Résultat : 100.000 visiteurs se ruent chaque mois sur Quelleenergie.fr afin d’obtenir un diagnostic en ligne. Antoine Châtelain et Julien Lestavel n’ont pas attendu d’être diplômés de Centrale Paris pour créer leur site Web de conseil en économies d’énergie.

«En étudiant le marché, on s’est rendu compte dès 2008, qu’il existait beaucoup de vendeurs de panneaux solaires et d’isolations écolos, mais que les particuliers n’osaient pas s’équiper, faute de conseils», explique Antoine Châtelain, âgé de 26 ans. Les deux compères décident donc de proposer une étude énergétique gratuite aux propriétaires, puis de les mettre en relation avec des professionnels sérieux.

Comment se rémunèrent-ils ? Les 300 installateurs de leur réseau leur versent entre 30 et 50 euros chaque fois qu’un particulier les contacte. Les amis se donnent un an pour atteindre 3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Notre conseil : comme eux, contactez le réseau Entreprendre pour profiter de conseils avisés et peut-être -décrocher un prêt d’honneur de 15.000 à 50.000 euros. Puis rendez-vous au salon Batimat, du 7 au 12 novembre, Porte de Versailles, à Paris.

Importer des techniques de chauffage déjà éprouvées à l’étranger

Près de 4 millions de chaudières seront à remplacer d’ici 2020 par des appareils modernes moins énergivores. Ce chiffre n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ! Dès 2006, Jorge Boucas décide de commercialiser des chaudières fonctionnant au bois, et non au gaz naturel. Il a le déclic lors d’une mission au Brésil pour un groupe agroalimentaire.

«J’ai voulu à tout prix imiter ce pays, car il utilise depuis longtemps avec succès l’énergie fournie par le bois», se souvient cet ingénieur de 38 ans, d’origine portugaise. Il prospecte alors sur place et trouve des fabricants 10% moins chers qu’en Europe. Il rentre ensuite en France pour démarcher ses clients. Laiteries, cartonneries, papeteries : il les contacte à l’ancienne, par téléphone, puis les emmène voir les machines au Brésil. Bingo ! Dans l’avion du retour, il signe son premier contrat avec le groupe laitier Isigny Sainte-Mère, avant de séduire Nestlé. De quoi permettre à sa société, NextEnergies, d’engranger 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011.

Notre conseil : prospectez en Europe du Nord pour trouver de nouvelles solutions énergétiques. Comme Jorge Boucas, visez la Slovénie ou le Danemark, qui utilisent de la paille pour se chauffer. Il existe même des solutions à base de bouse de vache…

Article du magazine Management

Publié dans Idées

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