Comment bien négocier votre rupture conventionnelle

Publié le par lereyseau

Vous voulez quitter votre entreprise mais pas question de démissionner ? Si la rupture conventionnelle est bien adaptée, elle est parfois difficile à obtenir. Voici comment vous y prendre.

Depuis la création de ce dispositif, en juin 2008, plus de 600.000 ruptures conventionnelles ont été conclues, selon les derniers chiffres de la Dares. Demandée soit par l’employé soit par l’entreprise, cette séparation à l’amiable nécessite en revanche l’accord des deux parties pour être acceptée. Vous rêvez d’autres horizons ? Voici comment procéder pour convaincre votre employeur de vous laisser partir dans ces conditions.
Evaluez la solidité de votre projet

L’intérêt d’une rupture conventionnelle ? Elle vous permettra de toucher l’assurance chômage mais aussi une indemnité de rupture versée par votre entreprise, non imposable et équivalente à l’indemnité légale de licenciement (au minimum 1/5ème de mois par année d’ancienneté jusqu’à dix ans, et 2/15ème de mois en plus au-delà). Si vous avez peu d’ancienneté, elle risque toutefois de ne pas être mirobolante. Et vous pourriez regretter d'avoir quitté votre job sur un coup de tête. Sachez qu’un an après avoir conclu une rupture conventionnelle, seuls 33% des salariés ont, en général, retrouvé un emploi (dont 50 % en CDI).
Renseignez-vous sur les pratiques en vigueur
Si votre employeur ne veut pas vous laisser partir, il se peut qu’il vous demande de prendre vos responsabilités et donc, de démissionner. Pour éviter d’entrer d’emblée dans un rapport de force, renseignez-vous sur les pratiques en vigueur dans votre entreprise. A-t-elle déjà facilement accordé des ruptures conventionnelles ? Pour savoir, rapprochez-vous des délégués du personnel ou des salariés qui en ont bénéficié.
Affûtez vos arguments et faites-vous assister lors des négociations
Préparez cette entrevue aussi soigneusement qu’un entretien d’embauche. Listez notamment les avantages que représente votre départ : votre rémunération est plus élevée que la moyenne pour ce poste ; votre n+1 est un ancien collègue, ce qui rend vos rapports difficiles ; vos attributions ont changé et vous ne vous sentez pas à l’aise, etc. Même si un délégué du personnel ou un conseiller extérieur peut vous assister lors du premier entretien, vous risquez, à ce stade, de braquer votre interlocuteur. Faites-le plutôt au moment des négociations, une fois le principe de la rupture conventionnelle entériné. Vous éviterez ainsi certaines dérives : des employeurs refusent parfois de payer le solde des congés payés, ce qui est illégal.

Votre employeur refuse ? Faites le plier à l’usure
Votre patron a le droit de rejeter votre proposition autant de fois qu’il le souhaite. Malgré tout, il n’est pas dans son intérêt de vous obliger à rester. Si la méthode douce ne donne rien, certains moyens de pression peuvent se révéler efficaces. Un avocat pourra, par exemple, trouver des failles dans votre contrat et rendre ainsi votre patron soudainement beaucoup plus coopératif...

Article tiré du site Capital

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